Membres statutaires   

Sylvie CAUVILLE COLIN

Directeur de recherche, CNRS

  • Directeur scientifique du site de DENDARA (concession française accordée à l’IFAO par l’Égypte)
  • Égyptologue spécialisée dans la publication, la traduction et l’analyse de textes religieux gravés dans les temples

Cursus

  • 1986 Doctorat d’État ès lettres sous la direction de J.-Cl. Goyon
    Essai sur la théologie du temple d’Horus à Edfou
  • 1979 Doctorat de troisième cycle sous la direction de P. Barguet
    Le dieu Osiris dans le temple d’Horus à Edfou
  • 1975 Diplôme de copte de l’École des langues orientales anciennes
  • 1975 Diplôme de muséologie de l’École du Louvre
  • 1974 Ancienne élève de l’École du Louvre
  • 1974 Maîtrise d’histoire sous la direction de J. Leclant
  • 1973 Licence d’histoire et de géographie

Expériences professionnelles

  • Depuis 2015 Directeur de recherche 1ère classe (UMR 8167) Spécialité : religion et temples. Activité principale : égyptologue du site de Dendara
  • 1985-2007 _1985-1992 (Montpellier) - 1992-1999 (IFAO) - 1999-2004 (Louvre)
  • 1980-1984 Membre scientifique de l’Institut français d’archéologie orientale
  • 1977-1980 Attachée au Cabinet d’Égyptologie du Collège de France sous la direction de G. Posener

Bibliographie

Ouvrages

Plus de 50 ouvrages spécialisés et en particulier, des livres en arabe destinés aux universitaires égyptiens

Depuis 2013

  • Itinéraire du divin : le temple égyptien et ses dieux, en collaboration avec Mohamed Ibrahim Ali, Peeters, 2017 (sous presse).
    Autour des cinq grands temples de l’époque gréco-romaine (Philæ, Kom Ombo, Edfou, Esna, Dendara), les auteurs présentent les dieux propres à chaque cité en mettant en lumière les théologies nationales et les spécificités locales. De nombreuses traductions et photographies faciliteront l’accès à ces trésors de spiritualité païenne, en distinguant les temples « nationaux » (Edfou et Dendara) et les recherches provincialistes.
  • Dendara – Itinéraire du visiteur, en collaboration avec Mohamed Ibrahim Ali, Peeters, Louvain, 2015 (327 p.).
    Le site de Dendara, avec ses temples et ses dépendances, est un des plus beaux et des mieux préservés de l’Égypte entière. L’Itinéraire en décrit tous les édifices en insistant particulièrement sur les plafonds étoilés à sujet astronomique, l’ensemble osirien — unique dans le pays — et les multiples rituels représentés, en hiéroglyphes et en images, sur les parois.
    Celles-ci viennent d’être restaurées par le Service des antiquités de l’Égypte et les somptueuses couleurs du passé revivent ; quelque trois cents photos rendent compte de cette splendeur retrouvée.
  • Dendara – Harsomtous, OLA 238, Peeters, Louvain, 2015 (371 p.).
    Harsomtous est la seule divinité qui, à Dendara, soit figurée sous trois formes absolument différentes et cependant complémentaires. Le serpent des origines s’adjoint bientôt le faucon maître des immensités célestes ; également devenu homme, Harsomtous englobe naturellement la royauté terrestre dans le champ de sa souveraineté. Lors de la deuxième aube, un enfant héritier d’Horus — et non plus un serpent — sort du lotus : après le passage originel de l’incréé au créé, le cosmos s’organise et la civilisation se développe avec l’homme solaire qui, à l’instar d’Atoum, éclaire la nuit.
    Somtous, « l’unificateur du pays », apparaît dès l’Ancien Empire pour présider à cette fusion du Delta et de la Vallée qui constituera l’objectif politique récurrent des maîtres du pays du Nil. Cependant, sa première représentation humaine n’apparaît que sous Montouhotep, un souverain qui a contribué plus qu’un autre à unir les Deux Terres.
  • La Vallée des Rois – Itinéraire du Visiteur, en collaboration avec Mohamed Ibrahim Ali, Peeters, Louvain, 2014 (556 p.).
    Les Pyramides, prodigieux monuments défiant le temps et l’espace des hauteurs, témoignent devant l’univers de l’existence immuable du vieux pays ; le pharaon, protégé par la pierre souveraine, gagne l’infini du ciel et repose parmi les astres. Les tombes de la Vallée des Rois sont en quelque sorte des pyramides inversées que le souverain parcourt et où il séjourne, seul spectateur initié de ces images mystérieuses - grandioses ou terrifiantes - qui jalonnent l’espace souterrain.
    Les hypogées royaux, conservatoire de la quintessence théologique et astronomique égyptienne, transmettent leur message en une débauche de couleurs qui, plus encore que les hiéroglyphes finement ciselés ou les silhouettes artistement esquissées, donnent accès à l’ineffable.
    Le pharaon quitte le séjour des vivants pour un lieu où règne en maître le disque rouge du Soleil de la nuit, nimbé d’une lumière d’or qui anime dieux et génies. L’espace de quelques heures, il n’est plus l’astre de la vie terrestre ; il plonge dans le monde minéral des morts et ressurgit dans celui, végétal, des vivants. Il est conduit vers l’éternité dans l’intégrité de son corps ; il perpétue alors non seulement son nom et sa dynastie, mais aussi la marche du monde. Le pharaon a pénétré le Grand Mystère, celui de la Première Fois, lors duquel l’astre igné et le limon fécondateur fusionnent et engendrent la divinité : dans l’Autre-Monde, en un cycle quotidiennement répété, Rê incandescent ranime Osiris léthargique et Osiris redressé exhausse des profondeurs l’autre face de l’Âme double, Rê de feu.
  • La Tombe de Ramsès VI dans la Vallée des Rois مقابر وادى الملوك – مقبرة رمسيس السادس, 2013.
    La tombe de Ramsès VI est la plus grande et la plus complète des sépultures de la Vallée des Rois. Dans cet opuscule, elle est expliquée de manière simple et didactiques ; ouvrage destiné aux gardiens, inspecteurs et guides touristiques égyptiens.1- La théologie d’Osiris à Edfou (XVI, 228 p.), Bibliothèque d’Étude 91, Institut français d’archéologie orientale, Le Caire, 1983.
    Le temple d’Horus à Edfou est le sanctuaire le plus remarquable d’Égypte par son état de conservation, son homogénéité et sa masse de textes (environ 3000 pages en composition typographique). Cet état de fait unique rendait nécessaire et éclairant d’étudier la place qu’Osiris, père d’Horus et dieu le plus populaire d’Égypte, tenait dans l’édifice. En « décodant » le langage des inscriptions — épithètes portées par le dieu, voisinage d’autres divinités, emplacements des diverses scènes qui lui sont consacrées —, on a pu mettre en lumière une personnalité fortement marquée par la doctrine d’Héliopolis, ville sainte du pays, et, par-delà cet exemple, l’influence exercée par ce centre religieux sur les métropoles de province.

1983-2012

1- La théologie d’Osiris à Edfou (XVI, 228 p.), Bibliothèque d’Étude 91, Institut français d’archéologie orientale, Le Caire, 1983.

Le temple d’Horus à Edfou est le sanctuaire le plus remarquable d’Égypte par son état de conservation, son homogénéité et sa masse de textes (environ 3000 pages en composition typographique). Cet état de fait unique rendait nécessaire et éclairant d’étudier la place qu’Osiris, père d’Horus et dieu le plus populaire d’Égypte, tenait dans l’édifice. En « décodant » le langage des inscriptions — épithètes portées par le dieu, voisinage d’autres divinités, emplacements des diverses scènes qui lui sont consacrées —, on a pu mettre en lumière une personnalité fortement marquée par la doctrine d’Héliopolis, ville sainte du pays, et, par-delà cet exemple, l’influence exercée par ce centre religieux sur les métropoles de province.

2- Edfou (100 p.), Les Guides archéologiques de l’Institut français du Caire, Le Caire, 1984.

Les Guides archéologiques sont destinés au public des amateurs éclairés. Ils fournissent le résultat de recherches scientifiques publiées dans des revues peu accessibles aux amateurs. Ils permettent aussi aux étudiants d’avoir aisément accès aux grands sites de la civilisation égyptienne.

3- Le temple d’Edfou XV (textes inédits publiés en collaboration avec D. Devauchelle), Institut français d’archéologie orientale, Le Caire, 1985.

Ces textes avaient échappé à l’attention des premiers éditeurs ou leur étaient restés inaccessibles du fait de leur emplacement (frise encrassée à 15 mètres de hauteur, par exemple) ; ils ont été relevés à l’occasion des campagnes de correction susmentionnées.

4- Essai sur la théologie du temple d’Horus à Edfou (I = 269 p. ; II = 63 p.) Bibliothèque d’Étude 102, Institut français d’archéologie orientale, Le Caire, 1987.

Des quelque 3000 pages qu’occupent les inscriptions hiéroglyphiques du temple d’Horus à Edfou, moins d’un dixième a été traduit et les études sont peu nombreuses. L’Essai comporte, dans le deuxième volume, un catalogue analytique qui a permis d’éliminer les divinités adventices, de préciser la place -secondaire- des dieux dynastiques et de mettre en valeur les divinités qui forment le « noyau théologique » du temple. Parallèlement à cette entreprise, chaque partie du temple a été étudiée dans ses composantes théologiques et rituelles.

5- Le temple d’Edfou I, Institut français d’archéologie orientale, Le Caire, 4 fascicules, 1984-1987.

Réédition revue et corrigée des textes publiés depuis la fin du siècle dernier par M. de Rochemonteix et E. Chassinat. Ce travail, publié par l’Institut français de 1984 à 1990, a été fait en collaboration avec D. Devauchelle.

Les 600 pages de textes, éditées donc il y a un siècle et non exemptes de fautes dues aux conditions de copie de l’époque, étaient épuisées depuis nombre d’années. Pour procéder à leur réédition devenue hautement souhaitable, deux campagnes de vérification ont été menées dans le temple, les textes étant également contrôlés sur photographies.

6- Le temple d’Edfou II, Institut français d’archéologie orientale, Le Caire, 2 fascicules, 1987-1990.

Les 300 pages de textes que comportent le volume II du temple d’Edfou comportent beaucoup moins d’erreurs que le volume I.

7- Dendara (104 p.), Les Guides archéologiques de l’Institut français du Caire, Le Caire, 1990.

Présentation de l’histoire de la construction et du panthéon de Dendara. Description du temple d’Hathor et des différents temples de l’enceinte.

8- Dendara X. Les chapelles osiriennes : textes hiéroglyphiques (446 p.), Le Caire, 1997.

Les textes des chapelles osiriennes forment l’ensemble le plus original et le plus intéressant du temple de Dendara, et probablement de toute l’Égypte, en ce qui concerne notre connaissance des mystères osiriens et de la personnalité même du dieu. Les textes copiés sur place sont composés par informatique.

9- Dendara X. Les chapelles osiriennes : planches dessin et photographiques (283 pl.), Le Caire, 1997.

Publication de tous les dessins et de toutes les photos des six chapelles osiriennes. Chaque paroi est reproduite, tant en photographie qu’en dessin, puis chaque registre est donné dans son intégralité. Chaque dessin et chaque phtoographie sont pourvus d’un croquis de localisation et d’une référence à la publication du texte hiéroglyphique.

10- Les chapelles osiriennes de Dendara : transcription et traduction (466 p.), Bibliothèque d’Étude 117, Le Caire, 1997.

À la manière des collections bilingues, les textes des chapelles osiriennes sont publiés avec la transcription en regard de la traduction, méthode qui devrait permettre aux égyptologues non familiers de l’écriture complexe de l’époque ptolémaïque de lire plus aisément la totalité des textes.

11- Les chapelles osiriennes de Dendara : commentaire (404 p.), Bibliothèque d’Étude 118, Le Caire, 1997.

Commentaire chapelle par chapelle de l’ensemble osirien situé sur le toit du temple d’Hathor à Dendara. Le commentaire suit l’ordre de Dendara X, texte hiéroglyphique et planches. Une synthèse thématique suit cette description analytique. Comparaison est faite avec tous les ensembles osiriens pariétaux de l’Égypte.

12- Les chapelles osiriennes de Dendara : index (669 p.), Bibliothèque d’Étude 119, Le Caire, 1997.

En collaboration avec J. Hallof et H. Van den Berg, index phraséologique des 60.000 mots contenus dans les 446 pages de Dendara X. Tous les noms divins et les toponymes sont inclus avec référence au nome ou au contexte dont ils proviennent.

13- Le Zodiaque d’Osiris. (81 p.), Louvain, 1997.

Pièce unique du Département des antiquités égyptiennes du musée du Louvre, le célèbre Zodiaque de Dendara fait l’objet de la curiosité de tous depuis que, avec l’accord de Méhemet Ali, il a été transféré en France en 1821.

Inséré dans le plafond d’une des chapelles consacrées à la résurrection d’Osiris, il représente une carte du ciel dont la science astronomique moderne nous montre la remarquable justesse : les savants prêtres qui ont conçu, entre juin et août 50 av. J.-C., cet extraordinaire témoignage de leurs connaissances situent Sirius, Vénus ou Canope aussi précisément que les éclipses de la Lune et du Soleil.

La « performance » est d’autant plus remarquable que cette configuration céleste rarissime (qui ne se reproduit que tous les millénaires et demi) coïncide volontairement avec l’inauguration des lieux où se déroule le mystère même de la renaissance divine, le 28 décembre 47, lors d’une Pleine Lune zénithale.

14- Dendara I : Traduction et index phraséologique. (481 p. et LXXXVI pl.), OLA 81, Peeters, Louvain, 1998.

15- Dendara II : Traduction et index phraséologique. (740 p. et LXXXV pl.), OLA 88, Peeters, Louvain, 1999.

16- Dendara III : Traduction et index phraséologique. (675 p. et LXXIX pl.), OLA 95, Peeters, Louvain, 2000.

17- Dendara IV : Traduction et index phraséologique. (927 p. et CCXVII pl.), OLA 101, Peeters, Louvain, 2001.

18- Dendara V-VI : Traduction. (493 p. et LXI pl.), OLA 131, Peeters, Louvain, 2004.

19- Dendara V-VI : Index phraséologique. (556 p. ), OLA 132, Peeters, Louvain, 2004.

Dans la collection des Orientalia Lovaniensia Analecta, la série Dendara forme un ensemble à part. Il s’agit de plusieurs volumes donnant la traduction française des volumes correspondants de textes hiéroglyphiques (Dendara I, II, etc.) de la prestigieuse publication entreprise en 1934 par É. Chassinat.

Chacune de ces livraisons (à raison d’une par an) offre, à l’exemple des « Budé » bilingues, la transcription en caractères italiques en regard de la version, procédé qui permet de faire l’économie des notes de lecture. Suivront un corrigendum hiéroglyphique — fort bref vu la qualité de l’œuvre d’É. Chassinat — et un choix de photographies inédites des parois.

Un index omnium nominum replaçant tous les mots (y compris les noms divins et les toponymes) dans leur contexte, à la manière des concordances de la Bible, devrait faciliter la lecture de ces textes peu étudiés et l’accès à leur extrême rigueur de conception.

20- Dendara. La porte d’Isis (306 p. et 71 pl.), IFAO, Le Caire, 1999.

La porte d’Isis, qui était totalement inédite, donne accès au domaine d’Isis. Elle a été décorée sous les règnes d’Auguste, Tibère, Claude et Néron. Tous les thèmes de la naissance d’Isis et de son intronisation dans le monde divin sont développés sur les façades et sur les embrasures.

La traduction est placée en vis-à-vis de la transcription. L’index phraséologique complet est composé selon le même principe que ceux des volumes publiés dans les OLA. Le commentaire met l’accent sur les nombreuses fautes de rédaction qui révèlent la disparité de connaisssances entre les rédacteurs du temple d’Hathor et ceux de la porte d’Isis.

21- L’Œil de Rê, Histoire de la construction de Dendara. (263 p.), Pygmalion, Paris, 1999.

Ouvrage de vulgarisation. Récit de la construction de Dendara par les prêtres qui ont bâti les temples d’Hathor et d’Isis du 16 juillet 54 av. J.-C. jusqu’au printemps 64 ap. J.-C., date à laquelle Néron aurait dû venir inaugurer le temple d’Hathor s’il n’avait renoncé à son voyage à la suite d’un mauvais présage.

22-23- Dendara XI Les chapelles occidentales de l’hypostyle. Textes hiéroglyphiques (228 p.), planches dessin et photographiques (136 pl.), IFAO, Le Caire, 2000.

Ce volume correspond à trois des salles annexes de l’hypostyle : le trésor, la chapelle consacrée aux purifications et, enfin, celle qui donne accès à l’escalier ouest (texte hiéroglyphique, planches au trait et planches photographiques).

24- Le fonds hiéroglyphique au temps de Cléopâtre. (259 p.), Cybèle, Paris, 2001.

En moins d’un quart de siècle, recouvrant à peu près le règne officieux puis officiel de la grande reine, les murs de l’imposant monument ont été revêtus d’inscriptions. Les quelque 2500 pages en édition typographique que celles-ci représentent donnent un très large échantillonnage des hiéroglyphes égyptiens qui, d’environ sept cents à l’époque classique, passent à plusieurs milliers sous la domination gréco-romaine. Il est procédé dans cet ouvrage à un recensement exhaustif de ces signes et de toutes les valeurs idéogrammatiques et phonétiques qu’ils peuvent revêtir. Chacune de celles-ci est suivie d’au moins une référence à la publication du temple par l’Institut français d’archéologie orientale.

25- Dendara : Les fêtes d’Hathor (141 p. - 45 pl.), OLA 105, Peeters, Louvain, 2002.

Faisant suite à la traduction des textes de Dendara I à IV, ce premier volume de commentaire, s’appuyant notamment sur ceux-ci, est consacré au domaine essentiel que constituent les fêtes liturgiques. Une nouvelle traduction du calendrier et l’identification des hymnes gravés sur les portes des chapelles divines et de la fonction des salles cultuelles permettent de reconstituer le trajet et le déroulement des processions. Les quatre fêtes principales d’Hathor sont à l’honneur dans le pronaos : les grands textes illustrent les fêtes de l’ivresse (1er thot, 20 thot, 5 paophi) et l’union de la déesse avec Horus d’Edfou lors de la Nouvelle Lune d’epiphi (ces textes inédits sont ici intégralement publiés, traduits et commentés).

26- Dendara. Livret en arabe (). Le Caire. 2004.

Depuis deux siècles, la France a oeuvré à la mise en valeur de ce patrimoine de l’humanité qu’est la civilisation égyptienne ancienne. L’heure semble venue de faire connaître les résultats de nos travaux, non seulement aux savants et spécialistes étrangers, mais aussi, et surtout peut-être, aux Égyptiens, tant étudiants que futurs guides touristiques. Une telle démarche n’est intellectuellement et humainement concevable que par l’intermédiaire de la langue arabe. Le premier essai, issu d’une initiative privée, concerne le site de Dendara, concession française depuis soixante-dix ans environ : un livret d’une cinquantaine de pages, sobrement illustré de plans et de dessins et rédigé en français, a été traduit en arabe et tiré à mille exemplaires destinés aux inspecteurs de la région, aux gardiens et aux policiers du site.

Traduction en arabe et mise en page : Soheir Lotfalla.

27-28- Dendara XII. Les parois extérieures du naos. Textes hiéroglyphiques (340 p.), planches dessin et photographiques (219 pl.), IFAO, Le Caire, 2007.

Le naos du temple d’Hathor correspond à la première tranche de construction : fondation par Ptolémée XII Aulète Neos Dionysos, décoration partielle sous Cléopâtre et achèvement sous Auguste. La paroi sud du naos forme l’arrière du temple, comme une contre-façade ; elle porte de grandes figures tout comme, à Edfou, le mur arrière du grand mur d’enceinte. L’axe est marqué par la tête d’Hathor ; de part et d’autre se déploie sur une hauteur équivalant à trois registres le panthéon tentyrite essentiel recevant l’hommage de Ptolémée César et de Cléopâtre. Les parois latérales, sur une longueur de soixante mètres et une hauteur de douze mètres, comprennent chacune quatre registres d’une vingtaine de tableaux. Cet ensemble fournit un apport notable à la connaissance tant de la théologie du temple que des cultes du pays en sa totalité, puisque ces parois mettent en scène les dieux des capitales du pays.

29-30- Le temple d’Isis. Textes hiéroglyphiques (360 p.), planches dessin et photographiques (286 pl.), IFAO, Le Caire, 2008.

Dès que la publication des textes du temple d’Isis sera achevée, la traduction et le commentaire de ces inscriptions pourront être remis aux éditions Peeters. Ce petit temple se révèle une quintessence des données théologiques du temple d’Hathor, il sera commenté en fonction de ce dernier.

31- Le temple d’Isis. Traduction. (444 p.), OLA 178, Peeters, Louvain, 2008.

32- Le temple d’Isis. Commentaire. (418 p.), OLA 179, Peeters, Louvain, 2008.

Transcription et traduction des textes du temple d’Isis. Tous les temples de Dendara sont transcrits sur ordinateur (environ 1500 pages) ; il est, de ce fait, aisé de procéder à une étude globale et, partant, à l’analyse des deux personnalités féminines majeures du panthéon égyptien : Isis et Hathor, ombre et lumière.

33-34- Dendara XIII. Façade et colonnes du pronaos (451 p. ; 202 pl.), Dendara.net, 2007. Planches remises à l’IFAO en maquette PdF.

35-36- Dendara XIV. Parois intérieures du pronaos (220 p. ; 172 pl.), Dendara.net, 2007. Planches remises à l’IFAO en maquette PdF.

37-38- Dendara XV. Plafond et parois extérieures du pronaos, (386 p. ; 207 pl.), Dendara.net, 2008. Planches remises en maquette.

39a- L’offrande aux dieux dans le temple égyptien, en arabe (), 2010.

39b- L’offrande aux dieux dans le temple égyptien, (291 p.), Peeters, 2011.

39c- Offerings to the Gods in Egyptian Temples, (291 p.), Peeters, 2012.

Présentation de toutes les offrandes figurées dans les temples égyptiens : elles sont au nombre de 200 et se répartissent selon les thèmes suivants : purifications et boissons, nourritures et produits du sol, parures et cosmétiques, rites funéraires et défensifs, rites royaux. Le livre est pourvu d’un grand choix de traductions, de dessins et de photographies. Cet ouvrage est destiné à un large public désireux de comprendre ce que signifient tous les tableaux qui ornent les parois des temples égyptiens, dans un face à face qui unit pendant deux millénaires le roi et la divinité.

Le livre en arabe a été donné gratuitement au Service des antiquités et aux universités égyptiennes. Traduction en arabe et mise en page : Soheir Lotfalla.

40- Dendara XIII – Traduction. (538 p. et LXIX pl.). Peeters, OLA 196, Louvain, 2011.

41- Dendara XIV – Traduction. (288 p. et XCVIII pl.). Peeters, OLA 201, Louvain, 2011.

42- Dendara XV – Traduction. (484 p. et CXXIV pl.). Peeters, OLA 213, Louvain, 2012.

Le pronaos du temple d’Hathor à Dendara est désormais totalement publié (www.dendara.net) ; il représente plus de 1000 pages de textes en composition typographique informatique.

La traduction intégrale sera publiée dans la sous-collection « Dendara » des OLA publiés par les Éditions Peeters. Le volume Dendara XIII contient la façade et les colonnes du pronaos, le volumes XIV les parois intérieures, le volume XV, enfin, les plafonds et les parois extérieures.

43- Le Zodiaque de Dendara et le temple d’Hathor, édition en arabe () CSA, Le Caire, 2011.

Nouvelle publication de l’explication astronomique et religieuse du célèbre Zodiaque de Dendara conservé au musée du Louvre. L’ouvrage, remis en pdf au CSA en novembre 2010, sera préfacé par le directeur du Service des Antiquités, M. Z. Hawass.

Traduction en arabe et mise en page : Soheir Lotfalla.

44-45- Le pronaos du temple d’Hathor à Dendara. Peeters, Louvain, 2012, 824 p.

Les trois volumes de traduction du pronaos (Dendara XIII, XIV et XV) font l’objet d’une analyse philologique et religieuse. Tous les textes de Dendara (temple d’Hathor, temple d’Isis, portes d’Hathor et d’Isis, mammisis) sont transcrits sur ordinateur. À l’aide de cette incomparable banque de données, il est aisé d’analyser la rédaction des textes du pronaos, notamment dans ce qu’ils ont d’innovants. Les principes de décoration et la théologie sont commentés à la lumière de plus de 5000 pages de textes hiéroglyphiques.

46- Philæ, Guide du visiteur. En collaboration avec Mohamed Ibrahim Ali, ministre des Antiquités. Peeters, Louvain, 2013.

L’île de Philæ, par sa renommée ancienne et justifiée, attire les touristes du monde entier ; paradoxalement, les temples sont fort peu connus tant dans du monde scientifique que du grand public. Ce guide du visiteur se veut une présentation de tous les temples ; pourvu de nombreux dessins et photos, il sera aussi une aide précieuse pour les égyptologues.

Mise au point de manuscrits posthumes

  • Fr. Daumas, Le temple de Dendara IX (vérification des textes, établissement du manuscrit), Institut français d’archéologie orientale, Le Caire, 1987.
  • S. Sauneron, La porte ptolémaïque de l’enceinte de Mout à Karnak (vérification des textes, index et établissement du manuscrit), Institut français d’archéologie orientale, Le Caire, 1985.
  • Catalogue de la fonte hiéroglyphique de l’imprimerie de l’IFAO (en collaboration avec D. Devauchelle et J.-Cl. Grenier, d’après un manuscrit de S.Sauneron), Institut français d’archéologie orientale, Le Caire, 1983.

Articles

Depuis 2013

  • « Haroéris de Létopolis et le Nil colossal de Canope » Communication présentée lors du colloque de Zürich (février 2017) Religious Landsape of the Delta.
    Non loin de Naucratis, lieu où le monde grec rentra en contact avec la mère des civilisations —l’Égypte — se trouve Thônis-Héraklion dont les fouilles récentes menées par Franck Goddio nous ont révélé l’importance. C’est à Kom Ombo, au sud de l’Égypte, que l’on peut trouver, peut-être, la clef qui éclaire l’une des plus singulières découvertes de Thônis, la statue colossale du Nil.
    Dans une scène célèbre de ce temple, parmi de nombreux instruments pharmaceutiques en lien avec Haroéris de Létopolis, se trouve une éprouvette qui, par ses graduations, décrit l’ensemble du cours du Nil, d’Assouan à la Méditerranée, en dix étapes. Le texte qui accompagne les deux dernières lignes graduées démontre qu’une des branches du Nil importante débouchait, depuis Létopolis, vers Canope à l’ouest et Diospolis à l’est. Le Nil colossal de dix coudées royales (5,40 m) protégeait ainsi l’eau douce des assauts de la mer salée, sans doute avait-il son pendant à Diospolis/Tell el Balamoun.
  • « De Cléopâtre-Hathor-Isis à Auguste-Pépi », CRAIBL 2016, p. 289-303.
    La légitimité et la continuité dynastiques ont été au centre des préoccupations des pharaons au cours de trois mille ans de civilisation égyptienne. Le père de Cléopâtre fit afficher cette prétention dans les grands temples du pays, notamment à Edfou qui est le berceau de la royauté d’Horus-pharaon. C’est sans doute en remplaçant son père lors de l’ultime cérémonie qui s’est déroulée dans ce temple que Cléopâtre a conçu l’idée de construire un nouveau temple à Dendara, pour y exalter la royauté féminine.
    Cléopâtre s’assimile insensiblement à Hathor fille aînée de Rê et à Neith la sage guerrière ; animée de l’esprit de ces déesses, elle devient une femme politique avisée. Devenue mère de Césarion, elle se transforme en Isis, la gardienne du trône, qui doit veiller constamment sur l’héritage de son fils posthume.
    Cette conceptualisation de la royauté divine s’est opérée à Dendara grâce à deux hommes d’Edfou, munis de tous les pouvoirs terrestres et spirituels ; ils furent remerciés par la reine elle-même qui leur octroya le bandeau d’or. Dès la mort de la reine, Auguste s’installe à Dendara, les deux hommes sont écartés. Par reconnaissance, le nouveau maître d’œuvre, héritier d’une longue famille de prêtres tentyrites, installe le souverain romain en Pépi Ier, l’antique mécène de Dendara vers 2200 av. J.-C.
    Qui aura triomphé pour la postérité : la reine-déesse, femme politique très avisée ou bien Auguste, le fondateur de l’Empire ? Quoi qu’il en soit, tous deux sont désormais immortalisés conjointement sur la magnifique façade du temple d’Hathor.
  • « D’Edfou à Dendara : Cléopâtre et son père », Colloque Cléopâtre, sous presse.
    Ptolémée XII Néos Dionysos, père de Cléopâtre eut une politique pariétaire de grande ampleur : les deux pylônes de Philæ, ceux de Kom Ombo et d’Edfou. Dès son retour d’exil en 54 av. J.-C., il mit en chantier de Dendara, un temple à la gloire de la royauté féminine. Cléopâtre a probablement a certainement assisté à la cérémonie de fondation le 16 juillet 54 av. J.-C. De reine, elle se métamorphosa en Hathor fille de Rê et en Neith-Athena la sage guerrière. Elle fut la seule reine d’Égypte à donner un héritier à l’Égypte.
  • « Hathor en tous ses noms », BIFAO 115, 2016, p. 37-74.
    Dendara, temple d’Hathor, salle hypostyle : Présentation de deux inventaires divins (Dend. IX, 26-32) mentionnant plus de 300 noms d’Hathor ; ils étaient invoqués lors des fêtes de la royauté divine. Les documents proviennent très probablement des archives memphites et héliopolitaines.
  • « Hathor de Dendara, Pakhet et Hatchepsout », RdE 66, 2016, p. 1-20.
    Pakhet du Spéos Artémidos est demeurée dans la mémoire de Dendara non plus en tant que nom divin, mais comme un simple toponyme. Cette déesse-lionne fut probablement importée du seizième nome par Hatchepsout et installée, au sein d’un sanctuaire consacré aux sept Hathors, dans le nome tentyrite ; les archives l’enregistrent sous la forme d’une épiclèse de la maîtresse du temple, puis la transforment en un lieu dont cette dernière est la maîtresse et qui faisait l’objet d’un pèlerinage annuel.
  • « Les mystères d’Osiris : une ode à la vie et à l’éternité », Archaelogia Hors Série 18, 2015, p. 28-37.
    Autour de l’exposition « Osiris, Mystères engloutis d’Égypte », qui s’est déroulée à l’IMA de septembre 2015 à janvier 2016.
  • « Aux sources du mystère », Connaissance des Arts, Hors Série Osiris 682, 2015, p. 38-47.
  • « D’Edfou à Dendara : la sérénité du ciel », Hommages Paul Barguet, 2015, p. 23-31.
    Les hiérogrammates de Dendara ont utilisé les archives d’Edfou pour décrire le ciel serein dans lequel le faucon Horus évolue avant de prendre possession du temple d’Hathor. Traduction du plafond du sanctuaire.

1977-2012

1- « Vocabulaire absent du Wörterbuch I » (en collaboration avec G. Andreu), Revue d’égyptologie 29, Paris, 1977, p. 5-13.

2- « Vocabulaire absent du Wörterbuch II » (en collaboration avec G. Andreu), Revue d’égyptologie 30, Paris, 1978, p. 10-21.

À l’occasion d’un dépouillement d’ouvrages lexicaux qui devait conduire à la constitution d’un fichier au Cabinet Champollion du Collège de France, les mots inconnus du grand dictionnaire de Berlin ont été relevés et pourvus de leur traduction probable.

3- « Une offrande spécifique d’Osiris : le récipient de dattes », Revue d’égyptologie 32, Paris, 1980, p. 47-64.

Selon les textes fournis par différents temples d’époque gréco-romaine, la pâte de dattes a pour vertu de réunir les diverses parties du corps d’Osiris démembré, Osiris dont la mort et la renaissance constituent le mythe égyptien le plus célèbre. À côté des propriétés médicinales bien connues des dattes, les prêtres ont usé de la quasi-homonymie, en égyptien comme en grec, des mots « datte » et « phénix » qui véhiculent tous deux les notions de fertilité et de renaissance.

4- « Sxn-rxyt : une désignation de la nécropole d’Edfou », Revue d’égyptologie 32, Paris, 1980, p. 135-136.

Un vocable populaire — ou du moins appartenant au langage courant — a été emprunté aux documents privés d’Edfou (dont certains nous sont parvenus) par les hiérogrammates qui l’ont réutilisé dans les textes sacrés.

5- « Chentayt et Merkhetès, des avatars d’Isis et de Nephthys », Bulletin de l’Institut français d’archéologie orientale 81, Le Caire, 1981, p. 21-40.

Isis et Nephthys, les deux soeurs d’Osiris, sont des déesses à caractère national. Elles prennent des noms différents selon qu’elles sont affectées à un lieu donné ou à une fonction précise. C’est ainsi qu’elles s’appellent Chentayt et Merkhetès lors du déroulement des mystères d’Osiris au mois de khoiak : actrices essentielles du « grand oeuvre », elles président à la transmutation des céréales en or et à la fabrication de ces petites figurines appelées « Osiris végétants » qui symbolisent la renaissance végétale annuelle.

6- « L’hymne à Mehyt d’Edfou », Bulletin de l’Institut français d’archéologie orientale 82, Le Caire, 1982, p. 105-125.

Mehyt, déesse-lionne, est une des formes revêtues par la Déesse lointaine, cette fille de Rê en révolte contre son père. Dans le temple d’Horus à Edfou, Mehyt possède une chapelle personnelle en tant que représentante d’Abydos, la ville sainte d’Osiris ; elle est chargée de la protection de ce dernier ainsi que celle d’Horus et de Rê. Lionne et serpent, elle a le pouvoir de susciter des miasmes délétères, comme le décrit l’hymne qui est adressé à sa barque. La déesse est restituée à sa juste place dans le système théologique du temple ; les textes topiques sont recensés en annexe dans l’article.

7- « Une règle de la ‘grammaire’ du temple », Bulletin de l’Institut français d’archéologie orientale 83, Le Caire, 1983, p. 51-84.

Mise en lumière de quelques principes décoratifs à partir de l’exemple fourni par les chapelles divines du temple d’Horus à Edfou.

8- « Une stèle de Nag el-Hassaïa », Revue d’égyptologie 34, Paris, 1983, p. 23-26.

Cette stèle appartenant à un collectionneur provient de la nécropole d’Edfou. Elle apporte des éléments nouveaux susceptibles de modifier la datation du corpus des stèles de cette région.

9- « Irt : un nom de la situle », Revue d’égyptologie 34, Paris, 1983, p. 136.

Plusieurs mots étaient déjà connus pour désigner le vase à purification qu’est la situle. Ir semble bien être une autre appellation de cet objet.

10- « Les mesures réelles du temple d’Edfou », Bulletin de l’Institut français d’archéologie orientale 84, Le Caire, 1984 (en collaboration avec D.Devauchelle), p. 23-34.

Certains textes du temple d’Horus à Edfou décrivent chaque salle de l’édifice avec ses mesures en coudées. La comparaison de ces données avec les résultats d’un relevé architectural permet de préciser la valeur exacte de l’unité de mesure antique et surtout de discerner les conceptions architecturales des Égyptiens.

11- « Le temple d’Edfou : étapes de la construction, nouvelles données historiques », Revue d’égyptologie 35, Paris, 1984 (en collaboration avec D. Devauchelle), p. 31-55.

L’examen de divers textes à caractère historique du temple d’Horus à Edfou a permis de retracer les différentes étapes de la construction du temple : fondation, décoration et consécration. Ont été aussi déterminés ou confirmés les moments propices aux fondations (été) et aux consécrations (septembre). Le temps moyen nécessaire pour graver une scène a été évalué à cinq jours environ. Ces inscriptions, inaccessibles aux hellénistes et contemporaines des événements, fournissent de surcroît la clef d’un problème chronologique et successoral mal éclairci jusqu’ici : il apparaît avec certitude que, contrairement à l’opinion répandue par divers auteurs classiques tardifs et reprise par les modernes, Ptolémée IX Sôter II est le fils de Cléopâtre II et non de Cléopâtre III, tandis que Ptolémée X Alexandre est celui de Cléopâtre III ; on comprend mieux ainsi les querelles et rivalités de cette période.

12- « Les statues cultuelles de Dendara d’après les inscriptions pariétales », Bulletin de l’Institut français d’archéologie orientale 87, Le Caire, 1987, p. 73-117.

Dans certaines cryptes et chapelles du temple d’Hathor à Dendara sont représentées les statues cultuelles du sanctuaire avec, précisées expressément, leur matière et leurs dimensions. Ce mobilier sacré comprenait 162 types de statue ; il est par ailleurs encore possible de confronter certaines de ces représentations avec quelques pièces, trouvées à Dendara au cours de fouilles, qui sont conservées au musée du Caire.

13- « Un préfixe en p en Égyptien ? », Revue d’égyptologie 38, Paris, 1987, p. 183-184.

Un nombre assez élevé d’exemples probants permet de poser l’existence en Égyptien d’un préfixe p, fait d’autant plus remarquable qu’une telle préformante n’apparaît pas dans les autres langues sémitiques.

14- « À propos des désignations de la palette de scribe », Revue d’égyptologie 38, Paris, 1987, p. 185-186.

Quatre mots viennent s’ajouter aux vocables désignant l’objet le plus caractéristique du scribe : deux métaphores : « ce qui est dans la main » et « la main », un terme concret — qui n’avait pas été jusqu’alors identifié — et une antonomase « le bras du (dieu) Ir » (Ir est une hypostase de Thot, dieu-patron des scribes).

15- « Le panthéon d’Edfou à Dendara », Bulletin de l’Institut français d’archéologie orientale 88, Le Caire, 1988, p. 7-23.

Edfou et Dendara sont les deux plus grands temples de l’époque gréco-romaine ; théologiquement inséparables et complémentaires, ils exaltent tous les deux la fonction royale, masculine avec Horus, féminine avec Hathor ; cette dernière incarne la séduction féminine, le premier est le protecteur de l’Égypte. Les clergés des deux villes entretenaient des liens religieux et administratifs étroits, et chaque temple abritait des archives sacrées de l’autre sanctuaire. Relever ainsi les divinités d’Edfou adorées à Dendara permet d’appréhender, mieux qu’à Edfou même, le noyau essentiel de la théologie du temple d’Horus.

16- « Les mystères d’Osiris à Dendara : interprétation des chapelles osiriennes », Bulletin de la Société française d’égyptologie 112, Paris, 1988, p. 23-36.

Les six chapelles situées sur le toit du temple d’Hathor à Dendara sont réparties de chaque côté (trois à l’est et trois à l’ouest) ; elles se « lisent » d’est en ouest, décrivant les étapes des mystères d’Osiris en même temps que la renaissance cosmique du dieu, à la fois lunaire (et la marche d’est en ouest se fait par le nord) et solaire (la marche se fait par le sud).

17- « Fouilles de Dendara : premiers résultats », Bulletin de l’Institut français d’archéologie orientale 88, Le Caire, 1988 (en collaboration avec A.Gasse), p. 25-32.

Un premier sondage fut effectué sur le parvis du temple, au plus près de l’axe sacré ; parmi les différentes trouvailles, la plus importante est incontestablement une table d’offrande datant de Montouhotep II (2030 environ av. J.-C.) qui se trouvait à quatre mètres au-dessous du niveau du dallage actuel. La titulature du souverain et la mention de son jubilé permettent de fixer la date d’unification de la Haute et de la Basse Égypte neuf ans avant ce qui était généralement retenu jusqu’alors.

18- « La chapelle de Thot-ibis à Dendara édifiée sous Ptolémée Ier par Hor, scribe d’Amon-Rê », Bulletin de l’Institut français d’archéologie orientale 89, Le Caire, 1989, p. 43-66.

Édifiée par un scribe thébain, fidèle zélé de son saint patron Thot, cette chapelle fournit un des rares témoignages parvenus jusqu’à nous d’édifices privés dans une enceinte sacrée. Elle devait contenir une statue d’ibis, probablement le truchement utilisé pour des pratiques magiques et oraculaires, comme en atteste la formule pour repousser le mauvais oeil gravée sur un des montants de la porte. La biographie d’Hor, inscrite sur l’autre montant, montre que sous Ptolémée Ier on procéda à des restaurations architecturales à l’intérieur de l’enceinte de Dendara, témoignage important tant pour l’histoire du site que pour celle du règne du fondateur de la dynastie ptolémaïque, dont nous possédons très peu de documents.

19- « Les inscriptions dédicatoires du temple d’Hathor à Dendara », Bulletin de l’Institut français d’archéologie orientale 90, Le Caire, 1990, p. 83-114.

Ces textes gravés à l’extérieur du temple décrivent en une écriture décorative et amie des jeux de mots et de signes chaque pièce du temple avec ses dimensions. Ils renferment aussi les récits de la théogenèse des deux déesses Hathor et Isis : Et Rê créa la femme, telle pourrait s’intituler la naissance d’Hathor. Lorsque Rê ouvrit les yeux à l’aube du premier jour, des suintements s’en écoulèrent, tombèrent sur le sable et se métamorphosèrent en une belle femme qui fut appelée l’Or des dieux. Cette conception, qui n’est pas sans évoquer des transmutations alchimiques, est tout à fait nouvelle et originale dans la pensée égyptienne.

20- « À propos des génies de Pharbaïthos », Bulletin de l’Institut français d’archéologie orientale 90, Le Caire, 1990, p. 115-133.

Mise au point sur l’ordre de succession de ces 77 génies originaires du Delta qui sont chargés, par l’ordre de Rê, de veiller sur la résurrection d’Osiris.

21- « Edfou ou l’originalité égyptienne face à l’hellénisme », Bulletin de l’Institut d’Égypte LXXVIII-LXIX, Le Caire, 1990, p. 71-77.

L’opposition — ou du moins la différence — est irréductible entre le milieu hellène d’Alexandrie, creuset de découvertes scientifiques parfois encore valides de nos jours, et les grands temples traditionnels édifiés à l’époque gréco-romaine, derniers bastions de l’« intelligentsia » indigène qui s’est complu à gloser avec un raffinement extrême sur des conceptions philosophico-religieuses plusieurs fois millénaires.

22- « Dieux et prêtres à Dendara au premier siècle avant J.-C. », Bulletin de l’Institut français d’archéologie orientale 91, Le Caire, 1991, p. 69-98.

Par un bonheur rare en Égypte, le site de Dendara possède à la fois des inscriptions pariétales importantes et des documents privés en grand nombre qui datent de l’époque même à laquelle fut édifié le temple d’Hathor. Cette circonstance a permis d’appréhender le monde des dieux et à travers les prêtrises et par les représentations sacrées. Pour ce faire, le noyau théologique de Dendara a été mis en lumière et confronté avec les différents sacerdoces connus et les autres monuments réunis pour cette étude.

23- « Ihy-noun et Ihy-ouâb », Bulletin de l’Institut français d’archéologie orientale 91, Le Caire, 1991, p. 99-118.

Un texte autobiographique datant du règne d’Auguste raconte la restauration des groupes statuaires les plus vénérables de Dendara, dont celui qui représente la grande Hathor et ses deux fils Ihy-noun et Ihy-ouâb ; or, c’est précisément ce groupe que l’on retrouve dans les endroits les plus sacrés du temple. Ces dieux mineurs, hypostases d’Ihy, ont été créés deux millénaires auparavant et n’avaient pas été reconnus comme tels par les égyptologues.

24- « Les inscriptions géographiques relatives au nome tentyrite », Bulletin de l’Institut français d’archéologie orientale 92, Le Caire, 1992, p. 67-99.

Les processions de génies de la fécondité qui décorent le soubassement de bon nombre de temples égyptiens fournissent des renseignements d’ordre religieux, cultuel et, surtout, géographique sur les différents districts administratifs du pays. Elles constituent à ce titre une documentation d’autant plus précieuse que beaucoup de villes ne sont connues que par quelques rares vestiges. Aussi était-il intéressant de comparer les données fournies par les processions « géographiques » relatives au nome tentyrite avec ce que nous savons du temple d’Hathor à Dendara, bien documenté par ailleurs d’un point de vue archéologique et épigraphique.

25- « Les prêtres spécifiques du nome tentyrite », Revue d’égyptologie 43, Paris, 1992, p. 195-202.

Nomenclature des titres attribués aux prêtres qui sont attachés exclusivement au clergé d’Hathor et d’Harsomtous ; ces titres doivent le plus souvent leur origine à des mythes liés à ces divinités.

26- « Le temple d’Isis à Dendara », Bulletin de la Société française d’égyptologie 123, Paris, 1992, p. 31-48.

Le petit temple d’Isis compris dans la grande enceinte de Dendara est à peu près inédit et, de même, de ce fait, entièrement ignoré des égyptologues. Un premier édifice, entrepris sous Nectanébo Ier (380-362 av. J.-C.) , s’est révélé être un mammisi, lieu de naissance de l’enfant d’Isis. Cette première construction a été profondément remaniée sous Auguste et fut consacrée à la naissance d’Isis. Les axes respectifs des deux temples ne coïncident pas ; or, la direction choisie pour déterminer ces axes était le nord. On a pu déterminer, par calcul astronomique, que l’étoile Sirius (point de repère des Égyptiens anciens) était très exactement dans l’axe du premier mammisi (ouvert à l’est) sous le règne de Ramsès le Grand (vers 1250 av. J.-C.). Cette observation est confirmée par la présence de blocs de remploi datant de ce souverain dans les murs du mammisi ptolémaïque (vers 100 av. J.-C.).

27- « La chapelle de la barque sacrée à Dendara », Bulletin de l’Institut français d’archéologie orientale 93, Le Caire, 1993, p. 79-172.

Publication architecturale et épigraphique d’un petit monument ignoré des égyptologues ; édifiée au cours du règne de Ptolémée VIII Évergète II (plus précisément pendant les années 122-116 av. J.-C.), cette chapelle est située à côté du lac sacré. Elle accueillait la barque d’Hathor lors de la grande fête du mois de tybi où tout le pays célébrait le retour en Égypte de la fille de Rê.

Au cours des cérémonies, la statue de la déesse apparaissait dans sa barque, placée au milieu de la porte qui faisait ainsi office de chapelle-reposoir. De nombreuses statues de divinités participaient à cette « fête de la Navigation » lors de laquelle la barque voguait sur le lac sacré.

28- « Un inventaire de temple : les papyrus Berlin n°s 10.472 et 14.400 », Zeitschrift für ägyptische Sprache und Altertumskunde 122, Berlin, 1995, p. 41-64.

Publication de papyrus conservés au musée de Berlin (photographies, transcription du hiératique, traduction et commentaire). Ces textes, exceptionnels dans la documentation égyptienne, détaillent l’iconographie de diverses statues : visages, attitudes, couronnes, emblèmes et sceptres. Remarquable par la richesse d’un vocabulaire peu connu par ailleurs, cet inventaire se distingue en ce qu’il montre à l’œuvre la démarche descriptive des prêtres égyptiens.

29- « Dendara », The Encyclopedia of Human Evolution and Prehistory, Garland, USA, 1997, p. 252-254.

30- « Edfou », The Oxford Encyclopedia of Ancient Egypt, Oxford, USA, 1997-1998, p. 436-438.

31- « Dendara », The Oxford Encyclopedia of Ancient Egypt, Oxford, USA, 1997-1998, p. 381-382.

32- « En ce matin du 28 décembre 47 av. J.-C. », Hommages à J. Quaegebeur, OLA 85, Louvain, 1998, p. 767-772.

La nuit du 27 au 28 décembre 47 av. J.-C. correspond à une Pleine Lune zénithale lors du 26 khoiak, la conjonction de ces trois éléments ne se produit que tous les 1460 ans : cette nuit exceptionnelle a très probablement vu l’inauguration des chapelles osiriennes situées sur le toit du temple d’Hathor à Dendara. En collaboration avec É. Aubourg.

33- « Entre exigence décorative et significations multiples : les graphies suggestives du temple d’Hathor à Dendara », BIFAO 102, Le Caire, 2002, p. 91-135.

Les inscriptions décoratives du temple d’Hathor ne sont nullement cryptographiques : elles montrent le raffinement épigraphique dans l’aboutissement ultime de l’écriture hiéroglyphique développée dans toutes ses potentialités. Traduction de ces textes et explication des lectures « difficiles ».

34- « Dendara : du sanatorium au tinctorium », BSFE 160, Paris, 2005, p. 28-40.

Dans l’enceinte de Dendara subsistent, outre le grand temple d’Hathor, un certain nombre d’édifices dans un état de conservation variable. Le plus énigmatique d’entre eux, jusqu’à maintenant, est une construction en briques crues dont le terrible chardon égyptien rend, hélas ! la disparition prochaine inévitable. On y avait vu un établissement médico-religieux, un sanatorium comparable à ceux du monde grec. Il s’agit en fait, comme le montrent encore, entre autres, les pratiques tinctoriales égyptiennes actuelles, d’un atelier de teinture consacré aux nombreuses et variées étoffes divines indispensables à la complexe liturgie du temple.

35- « L’impossible serrement de main ou la pax romana à Dendara », Revue d’égyptologie 58, 2007, p. 1-11.

Analyse d’un relief « hérétique » du temple d’Hathor de Dendara montrant une poignée de main échangée entre Horus d’Edfou et Sobek du Fayoum. Cette même « image-choc » de réconciliation entre deux ennemis millénaires a été placardée sur le pylône d’Edfou sur l’ordre de l’empereur Claude en 42 ap. J.-C.

36- « Le Bâton sacré d’Hathor », Festchrift Dieter Kurth, Hambourg, 2008, p. 41-65.

Lors de la sortie du Bâton sacré d’Hathor au Nouvel An, les prêtres entonnaient un grand hymne, puisé dans les archives héliopolitaines, qui est gravé tout au long du parcours férial.

37- « Le dieu et son roi », Revue d’égyptologie 59, 2008, p. 33-80.

Catalogue, à travers tous les temples égyptiens, des fonctions revêtues par le roi quand il présente une offrande au dieu. Ces fonctions empruntent aux titres civils anciens, remettant en lumière, par exemple, de vieux mots du domaine de la paysannerie. Le roi est un catalyseur qui transforme le profane en divin.

38- « Une double sacoche », Göttinger Miszellen 217, 2008, p. 13-16.

Proposition d’une nouvelle traduction d’un passage du Papyrus géographique du Delta. Au lieu de : une peau de panthère (?) (et) une peau de (double) taureau très vigoureux, il est suggèré : une sacoche de voyage à deux compartiments.

39- « Karnak ou la quintessence de l’Égypte », Bulletin de la SFE 172, 2009, p. 17-31.

Transposition architecturale des doctrines politiques et des spéculations religieuses dans le domaine d’Amon-Rê-Osiris de Karnak.

1) L’investiture royale par les trois capitales.

Le roi était couronné dans le cœur de Karnak, sous l’obédience d’Amon. Mais les villes sacrées d’Héliopolis et de Memphis participaient aussi au couronnement par le biais de l’Akhmenou, partie héliopolitaine du temple d’Amon, et du temple de Ptah, qui figure l’enclave memphite du domaine thébain.

2) Hathor thébaine et le couronnement au Nouvel An.

3) Le cycle d’Osiris : naissance et mort. Le cycle d’Osiris est illustré spatialement : sa naissance à Thèbes, au sud du domaine sacré, son embaumement dans le secteur memphite et, enfin, son enterrement pseudo-héliopolitain dans les « catacombes » en cours de fouilles et qui sont situées à côté de la partie héliopolitaine.

Karnak est une carte religieuse des grandes croyances organisées autour de Rê, Ptah, Amon et Osiris.

40- « La charte d’immunité d’Abydos », JARCE 45, 2009, p. 397-401.

Dans le temple de son père, à Abydos, Ramsès II remet à Osiris un étui dans lequel était probablement conservé le décret rédigé par Séthi Ier en l’an 4 de son règne, décret par lequel il accorde au domaine d’Osiris une immunité sans précédent. Après « l’hérésie » amarnienne, Séthi eut à cœur de donner des gages au clergé traditionnel, dont celui d’Osiris, l’ancêtre par excellence, sous le patronage duquel il place la nouvelle lignée inaugurée par son père Ramsès Ier. Cette offrande est unique, tant par l’iconographie que par le souvenir d’un fait historique de l’histoire de la XIXe dynastie.

41- « Edfou et Dendara », Inventaire de l’Égypte. Encyclopedia Universalis, Paris, 2010, p. 381-387.

Présentation de ces deux temples selon une mise en parallèle de la décoration et de la théologie, lesquelles reposent toutes deux sur des archives héliopolitaines.

42- « Émile Chassinat : biographie critique », INHA, 2010.

Présentation de la vie du grand savant auquel on doit la publication intégrale des temples d’Edfou et le début de celle du temple d’Hathor à Dendara ; il est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages, dont 5000 pages de textes hiéroglyphiques inédits. Sans lui, des chapitres entiers de la religion égyptienne n’auraient pu être écrits, il n’est point d’égyptologue contemporain qui n’utilise régulièrement ses publications.

43- « Imhotep : un avatar de Thot », Göttinger Miszellen 224, 2010, p. 17-25.

Parmi tous les textes répertoriés qui vantent les qualités de cet homme illustre, le plus riche provient de Dendara : il est placé sur la façade du temple et faisait l’objet d’un culte, probablement de la part des artisans et des prêtres du sanctuaire. Les savants grecs (Thalès, Pythagore, Platon) sont venus en Égypte à la recherche de la science millénaire ; géométrie, astronomie et théologie sont les disciplines qu’ils admiraient. Nul doute qu’Imhotep faisait l’objet de vénération : le texte tentyrite le décrit comme un juge, un architecte-géomètre, un astronome, un médecin et un homme bon. « Les serviteurs de Thot se mettent à nu devant toi, surmontant leurs faiblesses, aucun d’eux ne peut faire un chef-d’œuvre sur terre s’il cesse de te voir un seul jour » : telle est la conclusion de ce texte qu’il convenait d’isoler pour le faire mieux connaître de l’ensemble des égyptologues.

44- « Être dans sa barque », Göttinger Miszellen 226, 2010, p. 9-16.

Être dans sa barque signifie, pour un dieu, que sa statue terrestre sort en procession. L’expression d’origine imy(t) ouia s’est modifiée, à l’époque ptolémaïque, en hery(t) ouia. Les premiers exemples pariétaux remontent au règne de Séthi ; suivent le temple d’Hibis, puis, in fine, ceux de Dendara. Cette transmission multiséculaire témoigne amplement de la diffusion des archives centrales dans les grands sanctuaires.

45- « Les trois capitales, Osiris et le roi », Revue d’Égyptologie 61, 2010, p. 1-42.

Ce long article prolonge la conférence prononcée à la Société française d’égyptologie (voir n°40). Exposer l’application de ces principes (intronisation du roi sous le patronage de Memphis-Héliopolis-Thèbes, hommage rendu à Osiris, l’ancêtre par excellence du pharaon régnant) dans les temples de Haute Égypte est le propos de cet article. La décoration des temples suivants est exposée à grands traits : Gourna et Abydos, pour Séthi Ier ; temples de Nubie, pour Ramsès II ; temples de Khonsou et de Médinet Habou, pour Ramsès III ; Hibis, pour l’époque de Darius ; Philæ, Deir Chelouit, Edfou et Dendara, pour l’époque gréco-romaine.

L’impact des trois capitales est évident dans les temples divins, qui sont de « grandes machines » jubilaires, instruments de la propagande royale. Pharaon est un Horus, fils de Rê et d’Osiris.

46- « La permanence de la protection (à propos des chronocrates) », JARCE 46, 2010, p. 233-273.

Le terme « chronocrate » désigne commodément les 365 divinités associées aux 365 uræus protégeant le pharaon durant l’année. Toutefois ces entités ne sont guère connues, car les publications de textes hiéroglyphiques qui en font état les présentent de manière parfois obscure.

Le premier objectif de cet article est de fournir les listes en parallèle des 365 dieux et d’en donner l’index complet. Quand et où ce corpus a-t-il été préparé est la double question qui peut alors se poser. Il est probable qu’il a été élaboré à partir d’archives de Memphis et d’Héliopolis, au plus tard au Nouvel Empire, et enrichi postérieurement par le clergé thébain.

Il convient enfin de se demander si ces personnages « régissent » réellement le temps ou, tout simplement, sont de même nature que les dieux invoqués dans tous les livres royaux. Affectés à la protection du pharaon lors des grandes fêtes, et singulièrement au Nouvel An, ils constituent plutôt une garde pariétale permanente contrôlant la totalité de l’espace grâce au cycle annuel instauré et présidé par Rê.

47- « Le pronaos d’Edfou, une voûte étoilée », Revue d’Égyptologie 62, 2011, p. 41-55.

Le pronaos du temple d’Horus à Edfou est un cosmos en réduction dans lequel les cycles lunaire et solaire suivent des courses opposées (d’est en ouest, dextrorsum pour le Soleil et senestrorsum pour la Lune). Les frises des parois orientale et occidentale (Edfou III, 207-213) décrivent une lunaison complète. L’astre en gestation, en croissance et en décroissance illustre en images les textes hiéroglyphiques.

La partie nord du pronaos met en scène le temps lunaire, la partie sud le temps solaire. Le pronaos vit ainsi tout au long des jours de l’année grâce à l’action tutélaire permanente de Rê et d’Osiris.

48- « Des bâtons et des oiseaux », Göttinger Miszellen , 2011, p. 5-8.

Nouvelle traduction d’une strophe de la célèbre stèle du sculpteur Irtysen (Louvre C14 – XIe dynastie) : Je sais (sculpter) une statue d’homme debout en train de marcher, une statue de femme dans l’attitude de la marche. (Je sais sculpter) le sceptre-âba, le bâton-âoun, le bâton-iat, le bâton-medou. (Je sais sculpter) un vaincu agenouillé. (Je sais rendre) le regard d’un œil et de l’autre. (Je sais rendre) l’effroi du visage d’un prisonnier. (Je sais rendre) le port du bras du piqueur d’hippopotame et l’attitude de coureur (de celui-ci).

49- « L’art du copier-coller à Philæ sous le règne de Tibère », Hommages Horst Beinlich , 2012, p. 49-55.

Sous le règne de Tibère (14-37 ap. J.-C.), le programme décoratif fut intense : parois extérieures du pronaos, temple d’Osiris-Arensnouphis, salle annexe de la colonnade est et colonnade ouest. Dans toutes ces parties de l’île, les prêtres ont gravé des tableaux en une série de "copier-coller", certains reproduisant d’autres plus anciens (règne de Ptolémée VIII Évergète II). Cette « légèreté » rédactionnelle aux marches de la Nubie est sans autre exemple en Égypte.

Comptes rendus

  • D.Kurth, Die Dekoration der Saülen im Pronaos des Tempels von Edfu, 1983, Chronique d’Égypte LXI n°122, Bruxelles, 1986, p. 256-264.
  • R. Finnestad, Image of the World and Symbol of the Creator, 1985, Bibliotheca Orientalis XLVI, Leyde, 1989, p. 41-43.
  • Ph. Germond, Les invocations à la Bonne Année au temple d’Edfou, 1986, Chronique d’Égypte, LXVI n° 131-132, Bruxelles, 1991, p. 175-177.
  • H. Sternberg, Mythische Motive und Mythenbildung in den ägyptischen Tempeln und Papyri der griechisch-römischen Zeit, 1986, Chronique d’Égypte LXVI n° 131-132, Bruxelles, 1991, p.177-178.
  • Chr. Leitz, Die Aussenwand des Sanktuars in Dendara, 2001, Bibliotheca Orientalis LIX, Leyde 2002, p. 70-73.
  • H. Kockelmann, Die Toponymen- und Kultnamenlisten zur Tempelanlage nach den hieroglyphischen Inschriften von Edfu und Dendera, 2002, Bibliotheca Orientalis LXI, Leyde 2004, p. 80-81.