Transmissions et réseaux en Méditerranée de l’Antiquité à l’Islam

Responsable dans le laboratoire : Sylvie Denoix (Cnrs)
Responsables extérieurs :Sobhi Bouderbala (Histoire des économies et des sociétés méditerranéennes de la faculté des sciences humaines et sociales de Tunis)


Mise à jour : 6 septembre 2019

Participants :
Hayet Amamou, (Histoire des économies et des sociétés méditerranéennes de la faculté des sciences humaines et sociales de Tunis)
Hanen Ben Slimane, (Histoire des économies et des sociétés méditerranéennes de la faculté des sciences humaines et sociales de Tunis)
Mohamed Ben Abbès, (Histoire des économies et des sociétés méditerranéennes de la faculté des sciences humaines et sociales de Tunis)
Afnen Habibi, doctorante
[Ingrid Houssaye-Michienzi-art3091] (Cnrs UMR 8167)
Sami Ben Mekkli, doctorant
Anneliese Nef (université Paris Panthéon-Sorbonne - UMR 8167)
Jérémie Schiettecatte (Cnrs, UMR 8167)
Mathieu Tillier (Sorbonne Université - UMR 8167)
Dominique Valérian (université Paris Panthéon-Sorbonne - UMR 8167)
Jean-Pierre Van Staëvel (université Paris Panthéon-Sorbonne - UMR 8167)
Éric Vallet (université Paris Panthéon-Sorbonne - UMR 8167)

Institutions partenaires :

Présentation :

Les travaux sur la période de transition, appelée dans le milieu académique LAEI (Late Antiquity and Early Islam) foisonnent depuis une trentaine d’années et touchent presque à tous les domaines de la recherche historique. Cependant, une certaine faille historiographique semble dominer ce champ devenu pionnier, qui sépare un Proche-Orient (Égypte incluse) très bien documenté (archéologie, papyrologie, historiographies multiples : byzantine, syriaque, copte, perse…) d’un Occident lointain, une Afrique du Nord mal documentée, où l’écrit ne règne pas en maître (par exemple, il n’existe aucun document d’époque umayyade à l’exception des monnaies). Quelques travaux récents tentent de sortir l’Occident musulman de son agonie historiographique et de le rattacher à l’Orient par les prismes de l’arabisation et l’islamisation, de l’orientalisation, voire de l’intégration à un monde islamique oriental déjà impérial.

D’autre part, les régions considérées comme non-centrales de cet empire islamique (le centre étant le tandem Syrie-Irak où furent les capitales omeyyades et abbassides) connaissent, elles aussi, un renouveau historiographique sensible. Le seul exemple de la péninsule Arabique, pourtant berceau de cette identité impériale, suffit à montrer à quel point cette faille est omniprésente dans les travaux sur la construction impériale islamique. Le poids de la masse documentaire proche-orientale, mais surtout la prédominance d’un milieu académique faisant du prisme spatio-dynastique (Syrie omeyyade versus Irak abbaside) le leitmotiv d’historiographies concurrentes, d’idéologies opposées et de repères chronologiques incontournables, conduisent aujourd’hui à une production historique déséquilibrée et mal jaugée. L’Égypte, bien qu’elle soit le laboratoire d’excellence de cette recherche LAEI, est considérée comme une périphérie, une terre provinciale, une marge dès que l’on atteint l’époque abbaside. Or, il nous semble clair que cette province était le cœur de l’empire islamique, le croisement entre un Orient sémitique et un Occident berbère, une terre de passage et de réseaux, Fusṭāṭ jouant le rôle d’une ville-monde avant la lettre.

La faille historiographique ne peut s’expliquer que par l’émiettement de la recherche, par la dispersion des spécialités. À aucun moment, les spécificités « régionales » ne constituent un frein à une histoire connectée de la Méditerranée post-antique. La principale conclusion à tirer de la somme magistrale d’Yves Modéran (Les Maures et l’Afrique romaine (IVe-VIIe siècles), 2003) est sans doute la déconstruction des frontières classiques imposées par la chronologie officielle ou encore par les champs disciplinaires. Une histoire de transmission de cultures antiques, de véhicules linguistiques, de savoir-faire méditerranéen implique l’étude des réseaux créés par ce nouveau monde qu’est l’Islam, réseaux non seulement économiques et politiques, mais aussi sociaux et intellectuels. Ce sont les principales thématiques que nous développerons dans le cadre de ce programme triennal.

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