La Méditerranée orientale à l’époque hellénistique et romaine


L’équipe réunit plusieurs spécialistes du monde grec antique (F. Lefèvre, M.-C. Marcellesi, D. Mulliez) et de l’Orient romain (M.-F. Baslez, E. Parmentier, A.-V. Pont) qui, en exploitant principalement l’épigraphie et la numismatique et en confrontant leurs apports respectifs, s’interrogent sur les identités et les mutations politiques, économiques, culturelles et religieuses. On peut signaler, parmi les principaux axes de recherche :

L’étude des communautés politiques et des formations étatiques
• Les Etats et la monnaie
Les recherches menées en numismatique visent notamment à retracer l’histoire monétaire de tel ou tel Etat (cité, confédération, royaume) dans la longue durée pour préciser la réalité de son statut politique et son évolution. C’est dans cette perspective qu’a été analysée l’histoire de Pergame, à la fois cité et capitale du royaume attalide à l’époque hellénistique (M.-C. Marcellesi, ouvrage paru en 2012). D’autres études du même type, fondées sur des corpus monétaires, sont menées dans le cadre de doctorats.

• Les cités dans l’Orient romain
Un projet IUF porte sur l’évolution du modèle civique dans l’Orient romain au IIIe s. et au début du IVe s. ap. J.-C. (A.-V. Pont, 2011-2016) et vise à mettre en valeur les altérations de la vie commune, en étudiant la participation civique et religieuse, les expériences locales, les émotions collectives.

• Les Juifs dans les cités grecques et l’Orient romain
Une partie des recherches menées au sein de l’équipe sur le judaïsme hellénisé s’inscrivent dans une approche institutionnelle et juridique d’une part (droit de cité des Juifs dans les cités d’Ionie, compatibilité entre les règles successorales juives et le droit romain, E. Parmentier), sociologique et culturelle d’autre part (M.-F. Baslez).

L’étude des faits économiques et sociaux
• L’usage de la monnaie
Un axe important des recherches menées en numismatique porte sur l’usage de la monnaie, d’après la confrontation des sources numismatiques et épigraphiques. On distingue ainsi différents usages de la monnaie, à l’échelle locale, régionale ou internationale. Dans le prolongement du programme ANR Nomisma (M.-C. Marcellesi, 2007-2010), les recherches porteront plus spécifiquement, dans les prochaines années, sur les « monnaies communes » de l’Antiquité, notamment les « alexandres » à l’époque hellénistique.
Dans la même perspective, les monnaies trouvées dans les fouilles d’un site archéologique permettent de préciser des réseaux de relations. Les monnaies des fouilles menées à Alexandrie en Egypte par le Centre d’études alexandrines a donné lieu à un volume collectif paru en 2012 (dir. O. Picard). Des études du même type sont en cours pour les sites de Thasos en Grèce (fouilles de l’Ecole française d’Athènes), Paphos à Chypre (fouilles de l’Université de Chypre), Xanthos et le Létôon en Lycie (fouilles de la mission archéologique française).

• Les inscriptions et l’économie
Plusieurs recherches en cours et à venir portent sur des catégories d’inscriptions qui sont une source importante pour l’économie – comptes, inventaires, décrets portant sur des opérations financières. La longue série des actes d’affranchissement de Delphes fera l’objet d’une publication prochaine (D. Mulliez). Un colloque aura lieu en 2013 sur les multiples formes de la propriété foncière dans la vie des cités de l’Orient romain (A.-V. Pont).

• L’argent des religions
Cet axe transversal sera développé dans les prochaines années, au sein de l’équipe "Antiquité classique et tardive" et, plus largement, du Labex Resmed : il porte sur la façon dont les religions (de l’Egypte antique à l’islam) parviennent à se financer, sur les moyens par lesquels les discours religieux légitiment les richesses des institutions et communautés religieuses et l’on se demandera en quoi les religions constituent des forces économiques.