François Chevrollier

François Chevrollier a soutenu une thèse intitulée :
Les notables des cités de Crète et de Cyrénaïque à la basse époque hellénistique et sous l’Empire (milieu du IIe s. a.C.-IIIe s. p.C.),
le 23 juin 2016, sous la direction de François Lefèvre.

Résumé

Alors que les recherches sur la Crète romaine connaissent un nouveau dynamisme depuis une vingtaine d’années et que les fouilles conduites jusqu’à récemment en Cyrénaïque fournissent de plus en plus d’informations sur la période du Haut-Empire romain, le cadre administratif dans lequel vivaient ces deux régions de l’Orient hellénophone a paradoxalement été mis de côté. La double province de Crète-Cyrénaïque, créée à l’époque de Pompée et qui existe jusqu’à la Tétrarchie, a en effet très peu suscité l’attention des historiens, en raison de son caractère périphérique et de sa marginalité supposée. Cette thèse souhaite réévaluer le rôle historique de la Crète-Cyrénaïque au sein de l’Empire romain et analyser la façon dont les sociétés locales ont réagi à la domination de Rome. La première partie de la recherche s’intéresse à l’histoire administrative de la province, en étudiant la chronologie de sa création et les raisons qui ont conduit Rome à privilégier l’union des deux régions. Les fastes complets des promagistrats en poste en Crète-Cyrénaïque (proconsuls, légats, questeurs, procurateurs) sont établis ; l’organisation interne de la province est ensuite étudiée. Les deuxième et troisième parties se concentrent sur la vie des élites crétoises et cyrénéennes sous domination romaine à partir d’une analyse prosopographique. Sont d’abord proposés les portraits des grandes élites impériales : sénateurs crétois et cyrénéens, archontes du Panhellènion et grands-prêtres du culte des empereurs. On discute ensuite de l’évolution du milieu des notables locaux, en mettant en avant ce que l’entrée dans l’imperium romanum a changé pour eux, ainsi que les modifications de leurs modes de représentation et de leurs stratégies de domination sociale. De nombreux stemmata de grandes familles provinciales sont établis pour mieux rendre compte des réalités des élites locales de la période.