Histoire, aménagement et architectures de la région des Traras [HistaTra]

Responsables : Agnès Charpentier (Cnrs-UMR 8167), Nabil Ouissi (Université Abu Bakr Belkaid, Tlemcen)


Participants

France : Dr. Jennifer Vanz (Umr 8167), Dr Élise Voguet (Cnrs-Irht),
Prof. Michel Terrasse (Institut méditerranéen), Dr. Basma Fadhloun (Institut médterranéen)
Algérie : Prof. Sidi Mohammed Negadi, M. Mohammed Attar, M. Soufiane Bouzidi-Tani, Mlle Meriem Belghoul, M. Islam Benarbia, Mlle Sara Bilal, Mme Amina Bouabdallah, Mlle Wissem Cherif Benmoussa, Mme Imane Djilali, M. Nabil Kari, M. Lahcène Khattabi, Mme Amel Yousfi

Institutions partenaires

  • Université Abu Bakr Belkaid, (départements d’Archéologie et d’Architecture)
  • Institut méditerranéen

Vue des Traras à l'ouest de Nedroma

Présentation

Les territoires ruraux au Maghreb, et plus encore peut-être en Algérie, ont souvent fait l’objet d’une approche anthropologique centrée sur la période contemporaine. Notre projet ambitionne d’aborder le sujet par une vision pluridisciplinaire au sein des SHS.
En effet, les regards des historiens, des archéologues, des architectes et des anthropologues se complètent et s’enrichissent mutuellement dans la recherche proposée sur la région des Traras. Zone montagneuse située au nord-est de Tlemcen, elle s’étend des environs de Nedroma à ceux de Honein. Peuplée depuis toujours de Berbères, située un peu en retrait des grandes voies commerciales ou de pénétration militaire, elle est cependant importante pour l’histoire de la région : elle assure le lien entre Tlemcen et les plaines de l’intérieur vers le littoral et les ports cités dès le haut Moyen Âge, comme Honein ou Taount /Ghazaouet.

Village déserté d'al-Ayūn
La côte fut l’objet, au XIe siècle, d’un équipement défensif important dont al-Bakri a laissé un témoignage par une liste de fortifications (ḥuṣūn) parfois, aujourd’hui, difficiles à situer. La ville de Ternana dont le toponyme est attesté sur les cartes du XIXe siècle au nord-est de Nedroma a, sans nul doute, contribué à structurer la région. Elle pouvait être un lieu d’échanges pour les populations alentour et était, d’après al-Idrīsī, liée à Nedroma. Au XIe siècle, les Almoravides tentent de contrôler et d’unifier la région : le développement de la ville de Nedroma, la construction de sa grande mosquée et du bain proche, témoignent d’une réorganisation de cette zone et du déclin de Ternana dont les vestiges ne nous sont pas connus. Au XIIe siècle, les Almohades renforcent Nedroma : ils relèvent l’enceinte et construisent une citadelle (qaṣaba). À l’Est, ils développent Honein et y installent un chantier de constructions navales avant que les ʿAbd al-Wādides puis les Mérinides renforcent l’enceinte, développent la ville et la dotent d’un port fortifié. Les Traras seront l’objet, du XIIIe au XVe siècle, des convoitises des maîtres de Tlemcen voire de Fès. Les sultans mérinides s’assurèrent le contrôle de la zone et de ses points clé, Nedroma, Honein lors des deux grands sièges de Tlemcen. Au XVe et au début du XVIe siècle, les sharīf-s saʿdiens exercèrent une influence sur la région en prenant part aux luttes internes à la dynastie ʿabd-al-wādide et en tentant d’imposer le souverain de leur choix. Sous la domination ottomane, comme au début de la colonisation, cette zone de marche sera convoitée par le royaume du Maroc et la Régence, les populations se déplaçant d’un côté à l’autre de la zone frontière en fonction des contraintes politiques. La conquête française, à partir du milieu du XIXe siècle, entraîna-t-elle des modifications dans le réseau des villages, ou dans les modes de culture et de mise en valeur du paysage ?

Exemple d'architecture domestique
Trois axes de recherche abordent l’ensemble des questions soulevées :

  • 1. la terre et les hommes ;
  • 2. architectures et modes de construction ;
  • 3. les modes de mise en valeur.