Byzance paléologue, un nouvel Empire

Responsables : Marie-Hélène Blanchet avec Raúl Estangüi Gómez

Membres : M.-H. Blanchet, O. Delouis, R. Estangüi Gómez, T. Ganchou, A. Sopracasa, M. Stavrou, C. Vetochnikov.

Membres associés : M.-H. Congourdeau, J.-P. Grélois, B. Mondrain, C. Otten-Froux, A. Rigo, G. Saint-Guillain, J.-F. Vannier.

Cet axe transversal regroupe les recherches consacrées à la période finale de l’Empire byzantin, les XIIIe-XVe siècles. L’Empire est alors de plus en plus impliqué dans des rapports de force mouvants avec les puissances qui l’entourent : les États latins issus de la quatrième croisade et leurs métropoles en Occident ; les royaumes balkaniques ; les émirats turcs, dont l’émirat ottoman qui assoit son pouvoir au cours de la période. Pour subsister, l’Empire byzantin est contraint à des transformations internes profondes qui produisent un renouvellement de la pensée politique et le développement de nouvelles modalités et techniques d’exercice du pouvoir. La crise à laquelle l’État byzantin est confronté, en particulier la contraction de son territoire, modifie aussi les rapports sociaux au détriment de l’aristocratie terrienne et au profit de l’émergence d’une classe marchande distincte, très liée au monde latin. Dans le même temps, l’identité collective byzantine est ébranlée par la menace de la conversion – à l’islam d’un côté, à la foi latine de l’autre –, ce qui aboutit à une redéfinition du christianisme orthodoxe sous la forme de la victoire du courant hésychaste.
Pour appréhender ces évolutions extérieures et leurs répercussions intérieures complexes, et étudier ces phénomènes de transformation, dévitalisation et refondation de la plupart des institutions traditionnelles de l’Empire, nous développons au sein de cet axe des travaux fondés sur des sources littéraires grecques (projet ANR Jean VI sur les Histoires de Jean Cantacuzène, œuvres de Nicolas Kabasilas, traductions grecques de Thomas d’Aquin), mais aussi sur les archives grecques (documentation athonite : voir équipe 2) et latines (archives notariales génoises et vénitiennes), ainsi que sur les sources slaves et – au moyen de traductions – turques. Cette enquête passe par une confrontation entre les données tirées des actes de la pratique et le discours, ce dernier masquant souvent sous un apparent conservatisme des mutations peu visibles (analyse des usages de la rhétorique).
Un séminaire consacré à cet axe transversal de recherche se tient une fois par mois depuis l’année 2015-2016. Les recherches individuelles en cours sont présentées dans ce cadre et aboutiront à la publication d’un volume collectif en 2021. Il sera suivi à l’horizon 2022/2023 par un ouvrage de synthèse sur la période.