Taos Babour

Taos Babour a soutenu une thèse intitulée :
Les traditions céramiques en Jezira occidentale au IIIe millénaire av. J.-C. : la poterie du secteur B de Tell Chuera,
le 28 mars 2017, sous la direction de J.-Y. Monchambert.

Résumé

L’étude des poteries mises au jour dans un secteur de production (secteur B) associé aux activités économiques de l’un principaux temples du site de Tell Chuera (Syrie du Nord) permet d’appréhender les modes de production, de diffusion et d’utilisation des céramiques de ce centre urbain, vers 2500 av. J.-C. Après une présentation des cadres géographique, historique et historiographique de cette étude, une synthèse des données disponibles rappelle les caractéristiques techniques et morphologiques propres aux assemblages de Jezira occidentale et des régions voisines pendant la période EJZ 3, de façon à confronter la composition de ces assemblages aux données existantes sur la production, la diffusion et la fonction des poteries dans ces diverses régions. L’analyse technologique, archéométrique et morphologique du corpus montre la caractère spécialisé des productions pendant cette période. Toutefois, les potiers de Tell Chuera ne maîtrisaient que partiellement l’utilisation du tour. Outre les choix effectués en raison des contraintes techniques liées au façonnage de certaines formes, l’analyse met en évidence le caractère techno- et morpho-fonctionnel de certaines poteries, en particulier celles destinées au stockage et à la cuisson. La morphométrie des récipients ne permet cependant qu’une approche fonctionnelle limitée et souligne la nature multifonctionnelle des vases. À l’exception de rares espaces dans lesquels la présence d’installations et de mobilier permet de restituer les activités auxquelles ils étaient dédiés, le contenu des vases retrouvés in situ reste inconnu. Finalement, l’étude comparative permet de situer le corpus dans le contexte régional et interrégional de la fin de la période EJZ 3a/ EME 3. Outre l’existence de réseaux de distribution régionaux dans le wadi Hamar, peut-être jusqu’à la vallée du Balikh, les parallèles témoignent d’échanges à l’échelle interrégionale et attestent en particulier l’importation de denrées depuis le bassin de Karababa.