Noga Mishliborsky

Noga Mishliborsky a soutenu une thèse :
L’agir dans les études grecques au XXème siècle : Une étude de cas franco-allemande : Bruno Snell et Jean-Pierre Vernant,
le 11 décembre 2015, sous la direction de Markus Egetmeyer.

Elle a obtenu le Label européen.

Résumé

La notion de l’agir en Grèce ancienne a, dans les études grecques au XXème siècle, fait l’objet d’un débat important, fondé sur des textes philosophiques – avant tout Aristote – et littéraires – particulièrement Homère et la tragédie grecque. Le débat porte sur la prise de position du lecteur moderne face au traitement antique de cette notion, entre familiarité et sentiment d’étrangeté. L’alternative suivante se présente en effet à lui : la conception grecque de l’agir lui est-elle familière, en ce qu’elle est à l’origine de la notion occidentale, ou est-elle devenue absolument étrangère ? Le philologue allemand Bruno Snell et le philosophe français Jean-Pierre Vernant ont apporté des contributions fondamentales à ce sujet.Dans la présente thèse de doctorat, les positions des deux chercheurs sont comparées à lueur de leurs méthodes – « Geistesgeschichte », histoire de l’esprit et « Wortphilologie », philologie du mot, pour Snell, psychologie historique, sociologie, anthropologie et structuralisme chez Vernant. Par ailleurs, la thèse analyse dans quelle mesure leurs contributions s’ancrent dans les traditions nationales respectives des études grecques. Cette réflexion est particulièrement intéressante dans le cas de Bruno Snell et de Jean-Pierre Vernant qui pratiquaient la recherche de manière explicitement interdisciplinaire et internationale. Bruno Snell et Jean-Pierre Vernant sont d’éminentes personnalités des études grecques de la seconde moitié du vingtième siècle. Ils n’inspirèrent point simplement leur propre champ de recherche mais eurent en tant qu’intellectuels au sens zolien, une influence politique et sociale.