Fiona Pichon

Fiona Pichon a soutenu une thèse intitulée :
Traditions culturelles dans les premières communautés villageoises du levant nord : l’exemple de Dja’de-el-Mughara (Syrie du Nord),
le 13 décembre 2017, sous la direction de Jean-Yves Monchambert.

Résumé

À partir de 12000 BC. se mettent en place au Proche-Orient de profondes mutations sociales, économiques, techniques et culturelles qui, sur près de 5 millénaires, ont conduit à l’émergence de sociétés sédentaires dont l’économie alimentaire va reposer sur l’agriculture et l’élevage. Ce processus, la Néolithisation, s’observe au Levant Nord, notamment dans le village de Dja’de, occupé durant un millénaire par des chasseurs-cueilleurs en passe de devenir agriculteurs et éleveurs. Si l’industrie en silex des niveaux PPNB ancien (9e mill.) a déjà fait l’objet d’études technologiques et typologiques, aucune analyse tracéologique n’a été menée jusqu’à ce jour sur cet assemblage. Dans ce contexte où les rapports entre les hommes et leur environnement ont été profondément bouleversés, l’étude de la fonction des outils en pierre permet d’appréhender la nature de ces changements. Au cours de ce processus, il apparaît que la gestion de l’outillage devient plus complexe : l’intensité d’utilisation des outils s’accroit, le degré de réaffutage augmente, le recyclage est plus fréquent, les modalités de stockage évoluent. Cette analyse de l’outillage en silex de Dja’de a associé une approche fonctionnelle aux aspects habituellement étudiés (technologie et typologie). Pour cette phase encore mal connue du Néolithique précéramique, l’analyse des traces d’utilisation, appuyée sur l’expérimentation, a permis d’obtenir des éléments de réflexion nouveaux sur les activités au sein du village, sur les techniques mises en oeuvre par ses habitants et sur la gestion de l’industrie lithique et ainsi de mieux comprendre le mode de vie et l’organisation des sociétés pré-agricoles au Levant Nord.