La Sicile et la Méditerranée entre le VIIe et le XIIe siècle : diversité interne et polycentrisme méditerranéen

Responsables : Annliese Nef (Panthéon-Sorbonne), Lucia Arcifa (Università di Catania)


Participants
A. Bagnera (archéologue indépendante, spécialiste du monde islamique et de la Sicile).
B. Bruno (collaboratrice externe de la Superintendence of Cultural Heritage, Malta)
J. Burlot (Université de Lyon, docteur en archéométrie - UMR 5138)
C. Capelli (Collaborateur associé au Centre Camille Jullian - UMR 7299)
N. Cutajar (Superintendence of Cultural Heritage, Malta)
P. Day (University of Sheffield, Dept. of Archaeology)
S. Gragueb (INP Kairouan)
A. Lamparidi (Post-doctorante, Oxford University)
R. Longo (diplômée en archéologie médiévale, Università degli Studi di Catania)
M. Messina (doctorant en archéologie, Università degli Studi di Catania)
E. Pezzini (Museo Archeologico Regionale ‘Antonino Salinas’, Palermo)
V. Prigent (CNRS-UMR 8167)
V. Sacco (membre de l’EFR depuis 2018)
V. Testolini (doctorante, University of Sheffield, Dept. of Archaeology)
Y. Waksman (CNRS-UMR 5138)
E. Zanini (Università di Siena)

Institutions partenaires

  • École française de Rome
  • Università di Catania, Sicile
  • Laboratoire Orient & Méditerranée, Paris (UMR8167)
  • Laboratoire Archéologie et Archéométrie, Lyon (UMR 5138)
  • University of Sheffield, Royaume Uni
  • Maison française d’Oxford

Présentation

Fouilles de Rocchicella (prov. de Catane), dir. L. Arcifa ; photo : ead. Le projet vise à mieux cerner les effets des transformations majeures que connaissent les dynamiques méditerranéennes entre le VIIe et le XIIe siècle sur l’espace sicilien et leurs éventuelles spécificités, ainsi que le rôle joué par l’île dans ces dernières. Les îles, souvent disputées entre puissances rivales, sont à la fois le cadre de transitions entre dominations successives et des espaces au contact de circulations politiques et culturelles variées. La plupart du temps, ces questions ont été abordées « depuis l’extérieur », en étudiant politique et stratégie des entités politiques environnantes, voire dominantes, dans tel ou tel espace insulaire. La démarche est ici inverse : en partant de la mise en évidence d’évolutions internes contrastées et de spécificités régionales, qui bousculent les modèles généraux avancés jusqu’ici, on proposera de nouvelles hypothèses d’interprétation des dynamiques sociales à l’œuvre dans l’espace sicilien entre VIIe et XIIe siècle en relation avec les mondes sociaux qui s’y succèdent et/ou l’environnent. Il s’agit de relire les sources écrites, numismatiques et sigillographiques et de développer des analyses archéologiques et archéométriques afin de mettre en évidence les processus de diversification territoriale au sein de l’espace insulaire marqué par l’affrontement entre Byzance et les Aghlabides dans l’île au IXe-Xe s. Ces processus sont d’autant plus susceptibles d’être mieux connus que des fouilles, des prospections et des études céramiques ont identifié depuis peu des indicateurs chronologiques plus précis pour les périodes tardo-byzantine et islamique. Il devient ainsi possible d’enquêter à différentes échelles : à l’échelle de Palerme (fouille de la Nuova Pretura co-dirigée par F. Ardizzone et L. Arcifa en 1989 ; fouille de la Gancia, dirigée par F. Ardizzone en 2000), en vue d’identifier d’éventuelles différences entre les quartiers de la ville, à l’échelle insulaire (fouille de Rocchicella, prov. de Catane ; doctorat de M. Messina portant sur différents sites de la Sicile orientale), afin de caractériser les évolutions distinctes de sa partie orientale et de sa partie occidentale, mieux connue. D’un point de vue archéométrique, les études récentes minéro-pétrographiques et chimiques sur les céramiques islamiques ont permis d’identifier des centres de production, de caractériser les techniques de décoration mises en œuvre et de commencer à mieux cerner les modalités d’introduction des innovations techniques. Une telle mise au point manque encore pour la Sicile. En outre, les données archéologiques et céramologiques seront complétées par l’étude de la circulation monétaire afin de restituer les trajectoires régionales plus finement encore. L’approche métrologique et archéométrique se révèle ici déterminante.

céramiques issue de la fouille de la Nuova Pretura (Palerme), dir. L. Arcifa et F. Ardizzone ; photo : M. Messina