Pour la beauté du grec, déchiffrer des lettres antiques

Caroline Fourgeaud-Laville et François Lefèvre sont les invités de Xavier Mauduit dans l’émission Le Cours de l’histoire sur France Culture

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Déchiffrer les messages en grec ancien, inscrits sur des pierres et des vases antiques, est un jeu d’enfant. Apprendre, ou réviser, l’alphabet grec permet aussi de mieux comprendre la construction des mots et des sociétés contemporaines. À vos épigraphes, le cours de grec ancien va commencer !

L’épigraphie est la science qui étudie les inscriptions anciennes et, en l’occurrence, en grec ancien. Elle offre d’impressionnants corpus qui ne cessent de s’enrichir. Quels défis pour l’archéologue, l’historienne et l’historien, au moment de déchiffrer ces écrits et de les interpréter ? Des textes rédigés pour les gens de l’Antiquité, mais qui nous sont aussi destinés.

L’épigraphie, ou scientifiser le déchiffrage

Au 19ᵉ siècle, les grandes fouilles se multiplient en Grèce. Les archéologues, à la recherche de statues et de vestiges monumentaux, découvrent de nombreuses inscriptions sur des pierres, des argiles ou des métaux. L’étude de ces inscriptions, l’épigraphie, devient une science et cherche à dater, contextualiser et traduire ces messages gravés. De ces inscriptions antiques, laissées par les lapicides, des ouvriers chargés de marquer la pierre dans la Grèce antique, nous parviennent des épitaphes, des lois, et même des malédictions. L’historien et épigraphiste François Lefèvre explique que la grande majorité des inscriptions ont vocation à être rendues publiques. « À Athènes, avant d’être gravée sur la pierre, une partie des documents publics était affichée sur des panneaux de bois peints, sur l’agora. Tout le monde pouvait aller voir, vérifier et porter des recours. »